António e Cleópatra


Notice de présentation sur le site du Festival (juillet 2015)



La légende est connue. Plutarque l’a décrite dans ses Vies parallèles. Shakespeare l’a érigée en tragédie. Et Mankiewicz l’a transformée en monument du cinéma. Nous sommes en 41 av. J.-C., le général républicain vient de se voir confier la domination orientale du monde romain quand, soucieuse de conserver l’indépendance de son peuple, la jeune reine d’Égypte part à sa rencontre dans un navire doré, entourée d’un équipage déguisé en nymphes. Leur liaison durera dix ans, si ce n’est jusqu’à nos jours... Alors, comment raconter cette histoire observée dès sa naissance ? « En racontant l’histoire » : la réponse de Tiago Rodrigues n’a rien d’ironique, elle est même la racine de son théâtre. Car le metteur en scène lisboète, s’il ne veut rejouer la « monumentalité d’Antoine et Cléopâtre », c’est pour que nous regardions ses comédiens-danseurs, Vítor Roriz et Sofia Dias, se saisir de leur respiration pour approcher le noeud tragique de cette relation à la fois intime et politique. Et que nous regardions, tous ensemble, comment elle entre dans notre présent. Pour y arriver, il a composé, à même le corps de ses interprètes, un vaste poème cosmogonique qui demande de plonger dans le regard de l’autre au péril de ce qui nous constitue comme spectateur : croire en l’illusion théâtrale.


ANTOINE ET CLÉOPÂTRE

À chaque mythe, son actualisation. Dans Les Vies parallèles, Plutarque n’envisage l’histoire de la reine d’Égypte, héritière de la culture helléniste, que dans ses rapports officiels à Rome. En commençant sa tragédie par « Nay, but... », Shakespeare met l’accent sur les discordes politiques qui minent son siècle. Quant à Joseph Mankiewicz, il trouve avec Elizabeth Taylor et Richard Burton un moyen de mettre en scène la passion d’Hollywood pour les sentiments épiques. Ces lectures se retrouvent en creux dans la pièce de Tiago Rodrigues. Mais son troisième chant, celui de l’échec de la diplomatie impérialiste de la république romaine, est une approche inédite : le souci d’efficacité de nos sociétés productivistes réduit toujours plus les espaces où se risquer à rencontrer l’autre.


Distribution
Texte Tiago Rodrigues
Avec des citations d’Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare
Mise en scène Tiago Rodrigues
Musique extraits de la bande originale du film Cléopâtre (1963), composée par
Alex North
Traduction du portuguais Thomas Resendes
Scénographie Ângela Rocha
Lumière Nuno Meira
Son Miguel Lima, Sérgio Milhano (Ponto Zurca)
Costumes Ângela Rocha, Magda Bizarro
Collaboration artistique Maria João Serrão, Thomas Walgrave, Magda Bizarro, Rita Mendes
Surtitrage Rita Mendes

Avec
Sofia Dias Cléopâtre
Vítor Roriz Antoine


Production
Production Teatro Nacional D. Maria II, Mundo Perfeito
Coproduction Centro Cultural de Belém (Lisbonne), Centro Cultural Vila Flôr, Temps d’images
Avec le soutien du Governo de Portugal | DGArtes et du Museu da Marinha
Résidences Teatro do Campo Alegre, Teatro Nacional São João, Alkantara



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