King Lear (Le Roi Lear)


Notice de présentation sur le site du Festival (Juillet 2015)


de William Shakespeare
Traduction et mise en scène OLIVIER PY
Avignon
> Cour d’honneur du Palais des papes
Création 2015
Durée : 2h35



Le Roi Lear, une pièce pour le vingtième siècle ? Fort de ce sentiment, Olivier Py s’est attelé à une nouvelle traduction de l’oeuvre de Shakespeare, qu’il met en scène dans la Cour d’honneur du Palais des papes. Une traduction en vers libres, vive, aiguisée et présente, pour restituer le mécanisme infernal qui s’enclenche une fois que Lear pose l’immense et insondable question qui siège au sein de toutes les familles. Avant d’abandonner son pouvoir à ses filles, il veut savoir qui des trois lui exprimera son amour avec le plus d’emphase et obtiendra la part la plus importante de l’héritage. Le silence de Cordélia, plus encore que la marque de son intégrité,signe l’aveu l’impuissance de la parole face à la raison instrumentale. Ce silence provoque la folie de Lear et la chute de tous. Comme une prophétie des catastrophes à venir trois siècles plus tard, la falsification du langage et son acceptation génèrent un bain de sang, où même frères et soeurs se massacrent. Sur le plateau intégralement ouvert de la Cour d’honneur, Lear et Gloucester, pères humiliés, errent et leurs enfants manigancent. Tous creusent leur propre tombe, bons et méchants, vieillards et héritiers ; de guerres en aveuglements, ils courent à toute vitesse vers la fin du monde, le néant.

Acteur, chanteur, écrivain poète et passeur de poètes,traducteur de Shakespeare, metteur en scène de théâtre et d’opéra : la recherche d’Olivier Py prend tous les chemins possibles, intérieurs et concrets, pour rencontrer une présence au monde, une réponse fugitive à l’inquiétude latente. Dans cette aventure des tréteaux et des plateaux, la parole est le véhicule, ou bien la pioche ; il l’aime lyrique et triviale, mystérieuse et partagée. Il fait entendre notamment celles d’Eschyle, de Claudel, de Shakespeare, mais aussi la sienne, dans des pièces qui parlent du théâtre, de transmission, de l’époque, de la foi. Ses expériences à la tête du Centre dramatique national d’Orléans, de l’Odéon-Théâtre de l’Europe puis du Festival d’Avignon enrichissent sa réflexion sur le politique, le pouvoir, l’humanité-monde. Des questionnements au coeur de ses deux nouvelles créations, Le Roi Lear et Hacia la alegría.

Des strass de Miss Knife, scintillant dans les cabarets, au couvent monumental du Dialogue des carmélites pour l’opéra, Pierre-André Weitz change d’échelle mais applique le même soin aux costumes et décors qu’il conçoit. Formé au conservatoire de Strasbourg, section arts lyriques, et à l’école d’architecture, il se passionne très tôt pour la scénographie. Il travaille avec Olivier Py depuis 1993. Comme l’architecte de Hacia la alegría, il refuse et défie l’immobilité de la matière, concevant des dispositifs en mouvement qui font jouer en particulier l’espace et la verticalité. Étages à habiter, escaliers à gravir, hautes façades à tagger : les scénographies de Pierre-André Weitz permettent souvent aux acteurs et au regard de s’élever.


Programme du spectacle :


Shakespeare et Le Roi Lear
Les éclipses de soleil et de lune dont s’inquiète Gloucester au début du Roi Lear permettent de dater la pièce de Shakespeare ; la succession rare de ces deux phénomènes eu en effet lieu en Angleterre en 1605. Il existe cependant plusieurs versions de la célèbre tragédie : la première publiée en in-quarto en 1606, la dernière dans le Premier Folio, compilation de trente-six pièces du dramaturge anglais éditée en 1623. Si les hypothèses sont nombreuses sur la genèse de la pièce, les sources dont se serait inspiré Shakespeare sont également multiples : la figure de « Lir », issue de la mythologie celtique, est en effet au coeur de plusieurs oeuvres des XVIe et XVIIe siècles.


Distribution
— Traduction et mise en scène Olivier Py
— Scénographie, décor, costumes et maquillage Pierre-André Weitz
— Lumière Bertrand Killy
— Son Rémi Berger Spirou
— Assistanat à la mise en scène Thomas Pouget
— Technique et production Festival d’Avignon

Avec
Avec Jean-Damien Barbin Le Fou
Moustafa Benaïbout Cornouailles, Un messager
Nâzim Boudjenah (de la Comédie-Française) Edmond
Amira Casar Goneril
Céline Chéenne Régane
Eddie Chignara Kent
Matthieu Dessertine Edgar
Émilien Diard-Detoeuf Oswald, Bourgogne
Philippe Girard Lear
Damien Lehman France
Thomas Pouget Écosse, Un serviteur, Un vieil homme
Laura Ruiz Tamayo Cordélia
Jean-Marie Winling Gloucester


Production
Production Festival d’Avignon
Coproduction France Télévisions, Les Gémeaux Scène nationale de Sceaux, National Performing Arts Center - National Theater & Concert Hall (Taipei), Les Célestins Théâtre de Lyon, anthéa Antipolis théâtre d’Antibes, La Criée Théâtre national de Marseille
Avec le soutien de la Région Île-de-France, de l’Adami et de la Spedidam
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Résidence à la FabricA du Festival d’Avignon



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