Fatmeh

« Habitant du désert, Tu m’as appris à pleurer. Ton souvenir m’a fait oublier toutes les catastrophes. Et même absent sous terre, Tu seras toujours présent dans mon coeur triste. »

Fatmeh. Fatmeh, prénom arabe qui hante la culture populaire dans tout le monde arabe. Prénom de la fille du Prophète Mahomet. Fille dont les lamentations poétiques – écrites au VIIe siècle – sont récitées dans cette pièce qui en porte le nom. Et pour le spectateur, il s’agit d’assister à l’autre face de la recherche d’Ali Chahrour sur la tristesse achevée avec Leïla se meurt et d’entendre la voix sacrée qui résonne avec celle, séculaire, d’Oum Kalsoum, diva égyptienne des années 30 surnommée l’Astre d’Orient. Deux femmes chantant la joie et la douleur avec lesquelles le chorégraphe libanais, dans une cérémonie réinventée, ouvre un dialogue, interroge ce qui est permis et ce qui est tabou. Autant d’attitudes qu’il met en débat sur un plateau, espace de liberté proche de celui des célébrations rituelles du deuil, seul moment dans la culture religieuse qui est la sienne où « le corps peut s’exprimer librement » en libérant ses émotions. Un corps affranchi de toute technique, comme celui de ses interprètes non-danseuses, qu’Ali Chahrour a choisies pour approcher « le mouvement brut du caractère sacré ».


Ali Chahrour

À l’Institut national des Beaux-Arts de Beyrouth, où Ali Chahrour est admis en 2008, la « danse dramatique », seule formation chorégraphique universitaire dispensée au Liban, s’enseigne en deuxième année. Classe au cours de laquelle il est remarqué par son professeur, Omar Rajeh, qui l’engage dans sa compagnie. Encore étudiant, Ali Chahrour diversifie ses approches du mouvement en multipliant stages et ateliers. Durant cette période, le jeune danseur apprend à « lutter pour créer » et esquisse sa première pièce, Sur les lèvres la neige, duo interrogeant la fin de l’amour, qu’il présente tout juste diplômé à Beyrouth et aux Pays-Bas en 2011. L’année d’après, il créé Danas qui « étudie la violence quotidienne faite au corps », première pierre d’une esthétique qu’il décide de construire, « sans compromis », dans le contexte social, politique, religieux qui est le sien : un refus des corps formatés de la danse contemporaine occidentale et une mise en avant d’un corpus « qui a oublié les grands récits du monde arabe ». Ses dernières créations, Fatmeh et Leïla se meurt, interrogent les rituels chiites et leurs métamorphoses contemporaines.


Distribution

Chorégraphie Ali Chahrour
Scénographie Nathalie Harb
Musique Sary Moussa
Lumière Guilaume Tesson
Costumes Bird on a Wire
Conseil artistique Abdallah Al Kafri, Junaid Sariedeen
Assistante à la mise en scène Haera Slim

Avec Rania Al Rafei, Yumna Marwan


Production

Production Ali Chahrour en collaboration avec Zoukak Theater company
Coproduction La Ressource culturelle (Al Mawred Al Thaqafy), AFAC Arab Fund for Arts and Culture
Avec le soutien du Houna Center et de la Fondation BNP Paribas
En partenariat avec RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya


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