Édito | Automne 2015
Arnaud Maïsetti - 13 novembre 2015



La parole est aux feuilles qui tombent et à la nouvelle saison qui voudrait s’ouvrir. Sur quoi ? La parole est aux paroles à venir et aux corps déjà là, qui disent : nous sommes déjà là.

Dans son discours d’ouverture du dernier Festival d’Avignon aujourd’hui fermé (comme une porte, ou comme un poing ?) Fleur Pellerin, Ministre de la Culture et de la Communication, disait (et c’étaient là ses derniers mots) :


Le soutien à la création, c’est aussi l’annonce ce soir à l’église des Célestins du label French Culture Tech pour Avignon. C’est une fierté pour moi.
Là aussi, la France est de retour, dans ce qu’elle a de meilleur.
Elle ne se contente donc pas de se souvenir de ses artistes, cher Olivier Py : elle croit en eux.

Que dans une église on annonce un nouveau label en english dans le texte (langue de Shakespeare oblige, peut-être) – et la fierté (placé on ne sait où, dans le chœur du monument ?), passe encore.

Evidemment on nous assène encore le souvenir du cadavre des artistes comme programme culturel : on en a tellement l’habitude, ce couplet des champs de bataille remplis de morts dont les regards, spectres d’Hamlet, n’auraient pas d’autres choses à faire que de se tourner vers nous ; on hausse à peine les épaules.

Mais qu’on nous inflige de nouveau la croyance comme mot ultime, horizon de tout événement, et on ferme les yeux, de lassitude – puis vite, on les relève vers les forces en présence, celles qui nous entourent et seuls nous importent.


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