Passim : les réderies du Radeau
Yannick Butel - 7 décembre 2013



C’était en novembre 1998 et François Tanguy revenait sur son lien à la pratique de son art, sur Le Chant du Bouc alors qu’il présentait Orphéon Bataille-Suite lyrique au campement-Ferme du Haut-Bois Saint Jacques de la Lande. Je cite : “L’état de veille [...] pendant deux heures, nous sommes dans ce flottement de la perception qui nous occupe tout le temps mais qui est occulté par ces écrans qui s’interposent pour nous dire ce que l’on a perçu. Cette veille peut plonger dans la perplexité ou la rage, mais constitue une contribution au travail de l’espèce humaine”. Et de regarder Passim (titré anciennement “Noces et Banquets” qui reste imprimé sur le ticket) comme un geste qui prend naissance dans la fidélité à cette pensée de la “veille”. Passim que l’on écoute et regarde comme un prolongement aux créations antérieures modelées sur la disposition et l’agencement de fragments poétiques, lyriques, symphoniques... occupant un espace dont on est familier, que l’on reconnait et qui nous habite. Comme si, à chaque fois, jour après jour et années après années, la bande du Radeau, au lieu dit la Fonderie, nous invitait dans leur cuisine ou usine, voire arrière-cuisine... et aussi “salle de réception”, à retrouver dans Passim, ça et là, un tour de main.




Une salle de réception...

Un peu moins qu’une private joke qui renverrait à Noces et Banquets, il faut imaginer que la Fonderie est toute entière une salle de réception. Comprenez un habitat où les frontières et les fonctions, délèguées à l’espace dans la logique HLM, n’ont plus vraiment cours. Et tout commence à l’entrée où, ici, à moins de deux mètres de la porte alu, un arbre est fleuri toute l’année d’une guirlande d’ampoules champêtres qui se regarde comme des fruits surréalistes. Quand le feuillage est dense, ils disparaissent. Mais en hiver quand l’arbre prend ses couleurs beckettiennes, ils se donnent au regard comme les voyelles rimbaldiennes : rouges, vertes, bleues... Et il n’est pas rare d’entendre alors un fumeur et une fumeuse converser – sous ces étoiles colorées arrivées à maturité, dans la proximité de cette écorce artaudienne – à un mètre de cette cime humble qui donne la juste mesure de l’humanité. Au-delà de cet arbre, que l’on regarderait comme la survivance frêle d’un jardin ouvrier, se prolonge le Radeau.

C’est le lieu où se découvrent le hall et ses grandes tables, son mobilier et ses bancs patinés, ses fresques murales de papiers encrés, ses collections de plantes, sa billeterie ambulante, sa cariole à potirons, son bar Alamo tenu par des volontaires d’excellence, ses armoires dépareillées et ses banquettes usées, ses salles de spectacle aux gradins rudimentaires et coussins de velours, ses ateliers de construction et ses remises aux accessoires, ses bureaux et ses chambres, sa cantine, son parquet en bois de chantier, ses bois partout... Et chacun de ces territoires parcellaires où se mêlent toutes les activités du Radeau a en commun un usage singulier de la parole... Ici, elle est une expression de la mémoire. Là, elle relaie les sentiments d’amitié pérenne et à venir. À la table d’à côté, la parole se fraie un passage entre les rires et les silences à l’évocation des Histoires qui sont nées à La Fonderie et de celles qui s’y dessineront... C’est, au sens premier du terme, un ensemble de salles de réception. Lieu des attroupements, des attentes et des attablements... espaces des impatiences quand on y vient voir une “création” comme des menus plaisirs quand on y prend son repas.

Dans la salle à manger que l’on ne distingue plus d’une “salle à parler”, la soupe, le pain, la carafe de vin... posés sur des tables en bois mises bout à bout, jouxtent la cuisine et ses marmites. Ici sont employés pour l’heure ceux qui bientôt ouvriront la nouvelle librairie “L’herbe repousse entre les dalles”. Toute une histoire que cette renaissance d’une Librairie née d’un engagement de plusieurs, du soutien de quelques-uns et de la mobilisation de tous autour de l’initiative du Radeau... pour faire exister quelques livres et, on l’espère, quelques lecteurs.

Ces lecteurs qu’évoque au cours du repas mon voisin de table Alain Mala, fondateur des éditions Cénoname. Lui, “à plus de 60 ans” comme il me le confie, s’est engagé à publier des textes en français, et aussi, entre autres, des auteurs étrangers qu’il fait traduire en français comme Märta Tikkanen (Finlande) ou Rafaël Menjivar Ochoa (Salvador). “Parfois 5 ou 6 ouvrages dans l’année... parce qu’on ne peut pas résister au plaisir et à la nécessité de partager des œuvres qui nous apparaissent rares et fondamentales” me dit-il.

Et de voir ainsi, jusqu’à tard dans la nuit, se dérouler le repas au rythme des conversations inattendues et amicales, et des humains qui passent dire “bonjour” et discutent un instant, au gré des allées et venues des uns et des autres, tel un rituel ou un pélerinage, vers la marmite à soupe qui trône sur sa table en formica...

“Tiens, je t’ai fait un bateau” me dit Laurence Chable en me tendant une serviette papier pliée selon les règles de l’art origamique... Trois mats que j’appellerai "Le Chable".

“Salle de réception” dis-je, en entretenant la polysémie puisque le Radeau est un espace où le théâtre a lieu, et où vient d’avoir lieu Passim... que l’on aura regardé, écouté, reçu...

Passim S

Il y a longtemps déjà, c’était à l’occasion de Ricercar, dans le programme en papier kraft qui était alors la marque de présentation des spectacles du Radeau, on y parlait d’effet Topaze. C’est-à-dire, en référence aux multiples facettes de la pierre précieuse, à une esthétique du miroitement, du fragment et de l’éclat lumineux. L’effet Topaze désignait donc la façon dont une surface réfléchit, en la diffractant, une image. Cette manière dont un objet, une matière, une forme... venaient à voir sa structure unifiée se modifier quand elle était projetée. D’un certain point de vue, cet effet Topaze est le sceau du Radeau qui aura étendu ce principe à tous les constituants portés à la scène. On parlera ainsi volontiers de l’effet Topaze comme d’un monde de reflets pour les images, mais aussi pour les sons musicaux et lyriques, pour les textes qui sont dits, pour la structure scénographique et ses scintres, voire les comédiens qui endossent parfois des costumes proches les uns des autres... D’un certain point de vue, dis-je, l’effet Topaze est à l’œuvre dans la Grande œuvre de François Tanguy et du Radeau... C’est une marque de fabrique en quelque sorte. Et suivant et regardant Passim, c’est aussi ce qui était donné à voir, à entendre, et à sentir. Passim ou un mot latin pour désigner une occurrence qui revient, ça et là, en différents endroits. Une référence qui reviendrait non pas de manière aléatoire, mais de façon constante et irrégulière, au file des pages, au gré des poèmes littéraires et sonores, à l’ombre d’un geste ou d’une silhouette... Quelque chose, in fine, qui ressemblerait aux anagrammes dont parle Saussure quand, fou et interné, il imaginait que chaque poème était construit sur une infime référence récurrente, revenant d’un vers à l’autre, à peine distincte, presque illisible, mais présente...

Découvrant Passim, on dira de la création de François Tanguy que c’est peut être le lieu d’un double effet Topaze inscrit dans une logique de complément et de supplément. Il s’agirait alors de distinguer tout à la fois une création indépendante où les jeux de reflets sont présents et multiples, et simultanément une œuvre synthétique qui concentre et convoque divers états et gestes de créations antérieures. Passim matriochka en quelque sorte et Passim-puzzle aussi. Passim ou une pièce rhizome, tout à la fois travaillée, modelée et formée d’un geste qui ne lui est pas singulier mais récurrent d’une création à l’autre. Semblable et dissemblable, ressemblante et différente, identique et unique... entretenant avec le geste d’hier une filiation et un héritage, et parallèlement distincte et orpheline, promouvant les formes de l’oubli, de la solitude et celles de la mélancholie qui se donnent inséparablement de manière comique et dramatique. Convoquant l’hostilité humaine, l’incompréhension entre les êtres, les rapports duels intérieurs, les exigences stériles du monde, le poids des codes et des traditions, les alliances amoureuses tragiques... Passim est encore, et toujours, une séquence ou un épisode construit sur la convocation de tableaux qui ne forment pas une histoire mais rappelle la complexité de trajectoires et de passages pluriels qu’un ou une, dans les gradins qui accueillent les spectateurs, a forcément emprunté. Et de croire dès lors, que Passim nous rappelle le commun de nos existences qui empruntent toutes au mythe, à un poème, à une rime, à une figure, un personnage parfois... Non que nos histoires soient identiques aux œuvres qui en rapportent les avatars. Non que notre parole puisse copier ces destinées... Mais plutôt que ces fables et ces rythmes, ces sonorités et ses silences... nous inscrivent dans un monde de sensations auquel nous ne sommes jamais étrangers.

Aussi, à l’évocation de Lear et de sa décision radicale et violente se souvient-on de la brutalité, parfois, de notre aveuglement. Aussi à l’amour de Penthésilée condamnée par le clan des amazones se remémore-t-on la cruauté des lois, et l’interdit qui vaut aussi pour l’Armide de Le Tasse nous ramène à notre être aliéné. Aussi, à l’écoute du Tiergarten – ce Guernica méconnu – de Vassili Grossman, se rappelle-t-on ce qu’est le naufrage et l’errance...

À l’évocation de Pavese, à celle de Molière, de Calderon, de l’Arioste, etc... le déchirement (et donc la solitude), la décision ( et donc le regret), le choix (et donc la frustration), l’amour (et donc le deuil), la mort (et donc l’absence)... étaient comme autant de spectres, d’ombres poétiques et de formes limbiques empruntés à nos quotidiens. Comme si, et Michel Foucault de le souligner quand il lit le Quichotte : “le poète est celui qui, au dessous des différences nommées et quotidiennement prévues, retrouve la parenté enfouies des choses, leurs similitudes dispersées”. Comme si Passim, encore, à l’égal d’une œuvre qui ne serait que traduction de la vie, rappelait qu’il n’est de traduction que celle qui fait entendre “l’intimité des langues” (écrivit un jour Benjamin).

Ainsi, à regarder et écouter Passim, dans le prolongement et pour ainsi dire en écho aux poèmes entendus, et dans l’éloge musical et lyrique qu’observe François Tanguy en convoquant une kyrielle de compositeurs et d’interprètes, il y avait dans le jeu des variations, dans ces suites sonores, dans ces répétitions... tout un art du bégaiement qui, comme l’a défini Deleuze, est un art de l’épuisement et de l’évidement. C’est-à-dire de l’approfondissement et du façonnage au terme desquels apparaîtrait une vérité sensible. Instant de l’Apparaître qui, au sens où Arendt le souligne, n’est autre que le moment furtif où l’œuvre se détache du quotidien délabré pour venir hanter et s’imposer dans l’horizon humain. Moment où l’apparition est aussi renverse sismique, aussi puissante que le soulèvement d’une poussée tectonique, au point d’imprimer à la scène un pli sonore et verbal, visuel et plastique qui fera de Passim un relief à part. Un territoire des reliefs... Comprenons un ensemble complexe où la ruine plastique et matérielle voisine de l’autel poétique, lyrique et poétique forme et fonde un agregat de Mémorants (mot croisé dans Cantates qui désigne des seuils), au commencement et à la finale de l’architecture de Passim. Renversement, dis-je, où images et sons, pris dans une construction sérielle, font que chaque tableau s’appréhende comme un foyer de décantation. Là où le mouvement, le geste, la voix, la silhouette, la matière légère des visuelles et celle plus corporelle des comédiens... s’apparentent à des particules en suspension soumises aux lois de la gravitation et au monde physique. Là où dans le renversement ascension, comme chute, sont deux passages et deux pratiques de l’immersion dans le désordre des mondes sensibles.

p.a.s.s.i.m... esthétique du buvard hölderlinien

À l’image du geste furtif de Tanguy qui passe par le hall, un carton étendart à la main... À l’image de cette bannière improvisée, mal découpée, aux bords déchiquetés et où crayonné à la hâte “Hommage à Nelson Mandela” se lit... Juste à l’image de ça Passim pourrait tenir à cette “entrée” qui n’en est pas une, cet impromptu qui est une constance, cet engagement fugitif qui renvoie à une pratique archéologique de la trace, ce dépot (ici se retrouve la figure de la décantation), cette prise de position dans l’espace et de l’espace, cette fragilité de l’engagement qui ne tient plus compte des moyens, ce déplacement et ce geste mineur, cette scène et ce qu’elle écrit... Ça serait en quelque sorte la première image de Passim, hors cadre scénique et néanmoins trajectoire scénographique, où la course éphémère d’un corps, l’écriture et la matière déformée se mêlent et s’agencent afin de créer un mouvement inattendu : une scène.

Et Passim les multipliera ces scènes et ces motifs. Dans une sorte d’inflation, d’excès et de démesure, comme une déferlante, Passim livrera ses bruits et ses visuels, ces écumes picturales et ces partitions chorales. Passim qui, à contrario de la mode du pass qui n’est que réduction, serait une forme d’ampliation, de reprises et d’augmentations d’un acte précédent donnant au passé et au présent une valeur de permanence et de proximité. Car quelque chose est là qui, dans Passim, compris dans le dit et dans le vu, n’en finit pas d’être reprises, répétitions, insistances...

Quelque chose est là, dans la silhouette, dans le costume, dans l’art de fractionner et de diviser l’image, de reprendre un son et de répartir les couleurs... qui est une manière de repartir d’un point essentiel, d’un Ut majeur donné dans le chant, dans le musique, dans le poème, dans les écarts de voix... Quelque chose : une énigme – une forme de secret – qui attend d’être reprise ou de revenir à la scène, rendue à une forme visible et audible qui serait comme une manière de s’en approcher, d’y toucher, d’en saisir le secret par petites touches ou par retouches... Et d’ajouter que le nom de ce secret (on le comprend en regardant et en écoutant) est interdit et qu’il ne sera pas révélé par la représentation, mais qu’il viendra peut-être à se distinguer dans le travail qui a lieu sur le plateau. Qu’il n’est de secret, en définitive, qu’un geste qui se confond avec la tentative de rendre sensible un monde au-delà du langage. Qu’il n’est de secret, in fine, que dans le mouvement et l’articulation, bien plus qu’il ne demeurerait dans le nommé. Au vrai, Passim, et plus généralement le travail du Radeau qui a fait sien le lyrique et le poème, le livret et le livre, se tiendrait à l’endroit exact de ces arts qui, pour autant qu’on le devine et le sait, ne tutoient que les idées qu’ils approchent sans jamais les arraisonner. Plus que représenter donc, Passim est ainsi et peut-être seulement le lieu de la présentation... C’est-à-dire l’espace de ce qui vient, de ce qui est en chemin... ce qui est en mouvement.

Et de voir dans le jeu et les silhouettes de Laurence Chable, Patrick Condé, Fosco Corliano, Muriel Hélary, Vincent Joly, Carole Paimpol, Karine Pierre, Jean Rochereau et Anne Baudoux, un ensemble d’amorces, pris à différents siècles qui sont, pour chacun, un commencement, une tête de pont entre des histoires, apparemment distinctes, qui n’en forment qu’une seule au nom secret mais dont on devine qu’elle pourrait être celle du désenchantement...

Alors, dans la lumière ou dans l’ombre, au lieu de tableaux qui pour certains empruntent aux années noires de Goya, à la clarté des hollandais pour éclairer un détail, aux lignes cubistes de Demuth, aux plans larges de Hopper, aux ready made et autres foisonnements éclectiques et ornementaux de la peinture surréaliste... Passim se regarde comme un carrefour, un espace d’intersection et un précipité, une encyclopédie de couleurs et de plis, de murmures, d’éclats de voix et de bruits. Un peu comme si Passim, empruntant à l’histoire du buvard holderlinien, était ce buvard imprégné d’encres et de graisses, de sons errants et de gestes courants ; ce double fait de dépots fantasques, baroques et d’une cohorte de bibelots mallarméens s’écartant de tout ordre classique.

Passim ou une pièce d’hantologie, déployant un monde de spectres littéraires et musicaux, plastiques, poétiques et lyriques, pris dans des étaux de lumières où, ce qui reviendrait sans cesse correspondrait à un jeu de variations autour de l’image d’épinal de la Triste Figure. Celle de Penthésilée endeuillée articulant un chant de solitude éternelle, celle d’un guerrier statique et funèbre au casque flamboyant, celle d’un cavalier ou l’ombre d’un Don quichotte isolé, celle d’une âme perdue aux abois, celle d’un Roi aux cris de rages et de désarrois confondus, celle de sa fille au bras tendu et au corps terrassé, celles encore de soldats ou d’ombres implorantes parlant aux cieux comme Empédocle aux Dieux...

Et simultanément à ce “14 juillet” atemporel, à ces parades éphémères de révoltés groguis, d’anéantis éternels et autres âmes lézardées brutalement, qui se donnent dans des cadres isolés et qui sont exposées au quatrième mur, Passim est toujours le lieu du désarroi et de la dérision qui fait de ces spectres tragiques, aussi, des cadavres exquis grotesques... C’est-à-dire la somme duelle et travestie de jeux où le “je à la torture” est encore et toujours le recto d’un verso où se mettent en scène des jeux de rôles comiques, des situations burlesques et parodiques...

Passim, ça et là, régulièrement, offre ainsi quelques épisodes cocasses, étonnamment drôles quand quelques baffes intempestives claquent inoppinément et révèlent une caractérielle obsessionnelle ainsi qu’une victime innocente. Risible sera aussi le bal des balourds ou la chorégraphie d’un menuet – cette contredanse – perd en grâce et en noblesse, à cause de pieds et doigts empoulés. Marrant sera encore l’usage du postiche, mal adpaté, à contre emploi, de traviole ou anachronique qui vaut ici pour pastiche de couvre-chefs historiques. Comiques encore seraient l’esquisse de ces scènes de boulevard et d’ombres surprises dans les placards...

Et jamais l’équilibre n’est rompu dans Passim... Jamais l’une des tonalités ne vient plus haute que l’autre ; et ainsi le sérieux et le léger viennent, non dans l’alternance, mais dans la complémentarité, dans l’indissociabilité. Et ce, peut-être, parce qu’elles ont pour creuset la gravité. Comprenons que le léger et le sérieux tiennent à la direction que l’on donne à la gravité qui, tantôt est profondeur, tragique, dramatique, et tantôt perte d’un centre de gravité qui conduit au dérapage et à la glissade. Entre les deux, il n’est qu’à regarder les acteurs, cette manière de donner au corps cet air bancal ou athlétique, cette posture de pantin cassé ou d’être-souple, cet art d’être dans la parenté de l’Acétia ou le jumeau d’un clown... pour comprendre qu’ici, dans Passim, ça boîte, ça se déboîte, ça s’emboîte... ça se met en boîte....

Comme si Passim était un intervalle ou un espace intermédiaire – faisant le lien donc – entre un état et un autre, et nous rappelait la proximité et la parenté des états qui induisent qu’une comédie n’est qu’une tragédie vue de dos. Et que nous ne sommes que ce pluriel.

Passim ou l’espace du rare et des dératés, territoires de foirades sublimes et foire à tout aussi, là où le chancelant, le tatonnant, l’hésitant... sont les signes d’un théâtre qui n’est que reprises, et où le “se reprendre” reviendrait à se contenir et se ressaisir, sans vraiment y parvenir parce que c’est la vie, et qu’elle n’est que ce mouvement. Soit un mouvement fait des Réderies du Radeau... un territoire des songes et de l’extravagance, un embarcadère vers les rêveries.


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