Coup Fatal… le coup de coeur de Platel
Yannick Butel - 6 juillet 2014

Coup fatal, spectacle de Alain Platel — Festival d’Avignon 2014



Cour du lycée Saint Joseph, ce dimanche, après que la pluie qui a retenu le début du concert pendant 30 minutes, le public aura vécu l’exotisme et le lyrisme d’un groupe musical venu du Congo. Coup de cœur pour Platel qui les découvre en 2008, et décide de travailler avec eux… au terme du concert, l’orage revient… Miracle météorologique !!! Soirée un peu longue tout de même.


Percu, basse, rythmique, xilophone, likembe, balafon… dans un décor minimaliste où les chaises de salon de jardin bleues sont l’effet le plus clinquant, le groupe musical qui entoure le contre-tenor Serge Kakudji divertira l’oreille du public assis sous la menace d’un nouvel orage. Une succession de chants, d’extraits pris au répertoire lyrique où l’on admire la voix de Kakudji et de mouvements dansés/rythmés constituent le fond de ce spectacle.

L’excellence ne suffisant pas, le groupe invitera quelques dames à venir danser sur le plateau ou la piste, et au prétexte du déplacement du spectateur sur la scène, on ajoutera quelques gestes lassifs qui feront pouffer la salle.

En guise de chute, alors que le temps se couvre et que les éclairs zèbrent à nouveau le ciel noir, l’ensemble revient costumé, sappé à “l’africaine”. Caricaturaux, un rien ironique vis-à-vis de leur propre personne, c’est un défilé éclectique où la fringue de prêt à porter se transforme en costume inimaginé… Au final, on se souviendra de ce feu d’artifice comme de l’un des clous du spectacle.

Au final, dis-je, ça se lève et pour autant qu’il n’y avait pas de quoi s’émerveiller, une standing ovation vient marquer le terme de ce qui n’est pas une comédie musicale, pas vraiment un concert non plus… mais juste, et au mieux, une performance vocale, chorégraphique et musicale…

Ce qui ne retire rien à l’engagement de Platel (voir l’entretien retranscrit dans le programme), ni même aux artistes kinois qu’il a accompagnés.


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