Phèdre de Sastre : oh putain les oiseaux
Yannick Butel - 1er juillet 2013


Programmé dans le cadre de Marseille-Provence 2013, et proposé sur la scène du bois de l’aune en cette fin juin, Phèdre les oiseaux, publié chez P.O.L, écrit par Frédéric Boyer, mis en scène par Jean-Baptiste Sastre se regarde comme une traversée. De celle qui, convoqués par une écriture poétique libre et un geste théâtral radical, inscrit le regard dans une expérience rare. Une aventure où le mythe de Phèdre, pour autant qu’il est le motif de toutes les énergies du plateau, est d’abord l’espace et le foyer d’un maelstrom d’images, de sons, de gestes et de signes imprévisibles.

En quelques lignes

C’était un jour, en 2011, après janvier, mais quand ? C’était dans le TGV qui nous emmenait lui à Douai, moi à Arras et… Michel Didym on ne sait où. Dans la voiture bar, fermée pour une raison connue des seuls services de la SNCF et de l’agence rail time, Sastre, Didym, moi-même ressemblions peut-être à quelques personnages de Topor ou Tabori en panne au bord d’un zinc. Genre figures qui parleraient en n’attendant un godet. Genres ombres beckettiennes qui s’entêteraient à attendre qu’il arrive quelque chose et, l’attente faisant, se parleraient en donnant aux mots et aux dialogues le tournis, en inscrivant la parole et la pensée dans les pirouettes et acrobaties. Ou quand parler, c’est jouer aussi. Manquait juste le rituel du skol, du iamas, du prost, du terviseks, et du tchin tchin français articulé par le péquin qui n’a rien à voir avec les mandarins qui lui préfèrent le « à la vôtre », quand la classe des coulis (qui peine désormais, même, à avoir une couverture : une mutuelle lui garantissant la santé) s’amuse du « à la tienne étienne ».

Voilà, ça commence ainsi l’histoire avec Sastre…

Et si le lecteur s’inquiète d’une critique qui commence par une anecdote bien loin des préoccupations esthétiques, poétiques, plastiques et théâtrales, il suffira de lui rappeler que la vie et le théâtre, avant d’être une séance qui vient difficilement concurrencer le prime time, est aussi une histoire de comptoire, une histoire de train à prendre en marche mais à l’arrêt, de buffet de gare… C’est-à-dire de « dialogues d’exilés » comme dirait l’ami et le camarade Brecht.

Ça commence ainsi donc, ou précisément juste après son Richard II joué dans dans la cour d’Honneur, puis repris, entre autres, au Gymnase à Marseille. Oui, ça commence là, vraiment, le jour où l’on commence à se parler, et où on poursuit la discussion sur la ligne Saint-Charles/ Gare de Lyon. Et qu’on le croit ou pas, peu importe, mais c’est au bar, encore, que Sastre me parle pour la première fois de son projet qui ne se nomme pas encore Phèdre les oiseaux. Et au hasard des horaires SNCF, et du placement aléatoire en seconde classe, on fera ensemble trois fois un bout de chemin, dans un sens et dans l’autre Ce qui commence à ressembler à un hasard organisé et me permit d’écouter Sastre qui me parlait de sa Phèdre à venir, des compagnons d’Emmaus qu’il avait croisés ici et là, qu’ils s’appellent ou pas comme ça, à travers le monde et l’Europe. Et du souhait qu’il formulait : « revenir à Phèdre, oui. Au mythe, oui. Avec des comédiens mais pas que… Avec aussi les compagnons d’Emmaüs, les toxicos et chanteurs du « Straßenchor » de Berlin et sa figure-vedette : Lilith, personnage transexuel, avec les jeunes sans abris de Los Angeles regroupés au sein de la communauté de Venice Beach, avec les démunis de la communauté haïtienne soutenus par l’HAIA… avec les Emmaüs de Marseille Pointe rouge comme avec ceux de différentes parties de l’hexagone »…

Et je l’écoutais, songeant parfois que Jean-Baptiste Sastre était un type des grands écarts. Soit aussi de la démesure puisque, sans un rond de départ, sans un staff briefé, sans un appui à l’initial, sans mise de fonds pour mise en scène… Sastre s’embarquait dans ce projet, à l’aventure, avec pour seul camarade d’exil le Frédéric Boyer : auteur et poète, penseur et compagnon de route et de tous les bivouacs. Et le temps des trois heures de transport, Sastre parlait souvent, je m’en souviens, moins du théâtre qu’il ferait que des personnes qu’il rencontrait dans ces zones et territoires où la pauvreté est habillée de solidarité. Je me souviens du visage de Sastre évoquant les mains couvertes de bagouses d’un compagnon de Marseille pointe rouge, les premiers échanges qu’il avait eu avec eux. La manière qu’il avait de mimer un visage de ces personnes-là disponibles pour tout, mais pas à vendre pour rien. Cette façon dont Sastre rapportait des gestes, des contours, des épaisseurs de traits. Sastre avait vu du singulier dans chaque, et un état commun d’abandon ou de rejet, de fuite en avant et d’exclusion où les signes qui marquait les corps ruinés (maladies non répertoriées au Vidal, alcoolisme, cames et autres addictions en bandouillère, psychologie d’un autre monde et histoires qui ont eu raison de l’esprit…) n’étaient pas étrangers non plus au souvenir d’un bien être, au plaisir d’avoir été aimé, à la chaleur d’un foyer… Et Sastre, au regard d’ethnologue, me parlait de leurs paralysies vis-à-vis du futur qui les tenaient dans une forme d’inertie au présent.

Sa parole était comme un miroir. Non pas un commentaire, mais un écho à des paroles du réel avec leur syntaxe, leur lexique, leur gestuel. Et l’écoutant, je me rappelai que les pauvres, ceux qu’on appelle les déshérités ; ceux que Sansot nommerait « les gens de peu », ceux qui ont nourri le travail de Bourdieu, ces guignons mallarméens… ont une manière d’appréhender le langage qui les a mis à la marge, loin du discours et des portes qu’il ouvre.

Je me souviens du récit de Sastre devant un type qui ne parlait plus. D’un autre qui parlait une autre langue que celle apprise à l’école. D’un, encore, aux phrases syncopées et à la diction introuvable… Et Sastre, ne théorisant rien, mais sensiblement touché par tous, ne s’épargnait aucun des souvenirs de ces rencontres. Pas plus Michkine que ça le Jean-Baptiste Sastre, lui ferait du théâtre de tout ça.

A 300 km/h, entre deux gorgées de blanc mal frappé dégluti, Sastre ne s’étonnait pas du déSastre. Il le condamnait en appelant à quelques forces souterraines humaines de survie. Dans la voix, l’envie, peut-être, d’en finir avec un monde où l’argent roi vous conduit à vous prendre la vie dans le tapis et vous engloutit jusqu’à la garde. Un monde où le standart pour les poor (dirait-on en english), la règle donc, c’est la cruauté.

De la cour d’honneur d’Avignon et de Richard II qui souhaitait en finir avec le pouvoir, à Phèdre les oiseaux au Bois de l’aune…. De la cour d’honneur aux hangars qui abritent les compagnons qui aimeraient peut-être un miracle… Sastre n’a pas abandonné l’idée de faire du théâtre en travaillant avec des non acteurs, mais il a choisi de faire un théâtre.

Oh putains les oiseaux…

Dans ma mémoire, c’est le leit-motiv d’une maquette de chanson écrite et composée par Jacques Luley. Et cette expression, qui revenait en boucle dans un album qu’il intitulerait Andropause, désignait des êtres aux comportements curieux. Des « fragiles » disait Luley, sans que le mot dans sa bouche n’emprunte à la pitié ou au jugement.

Sur le plateau du bois de l’Aune, bien avant que le basculement des lumières précise au spectateur qu’il faudrait se taire, à gauche, il y a un vieillard à peine éclairé qui attend, tête droite et menton relevé, assis sur une valise, dans l’indifférence du public qui parle. C’est un vieillard, genre voyageur ou exilé, type en partance qui trimbalerait avec lui toutes ses affaires ou toutes les affaires d’une vie. Et ça durera longtemps cette attente qu’incarne cette vieille figure de chronos, signe du chaos et de l’ordre mêlés, jusqu’à ce que venu de toute part, un puis deux, puis une multitude vienne envahir la scène et le rejoigne. Moment de déambulation ou de promenade dans un espace totalement vide, à l’exception d’un rocher de la taille de ceux qui figurent une frontière et une limite à ne pas dépasser, et qu’on trouve sur les parkings. Rocher de Sysiphe aussi, et qui me rappelle celui de l’agora, à côté de l’Acropole où celui qui prend la parole commence par s’élever. Moment curieux de déambulation et déjà de délibération quand tour à tour à tour ils s’empruntent la parole, se la coupent, se la passent. Et ce peuple venu de l’ombre est lui-même l’ombre des citoyens protégés. Eux sont les compagnons, les gens de peu, les déshérités…Ici les non-acteurs invités au plateau qui viennent là en visibilité. Moment intense et sensible, en définitive, où la scène serait enfin un lieu public, et où Sastre qui sait les limites du théâtre « service public » aurait décidé d’en faire un espace public. Soit un lieu ouvert, enfin à tous, en quelque sorte, pour faire entendre Phèdre les oiseaux : le mythe et eux, ces « oiseaux », rendus au-devant de la scène, exposés à la lumière, loin de leur périphérie où s’agence un monde de bric et de broc. Eux, au cœur de Phèdre, ou chœur si vous préférez, qui fera entendre, comme le veut la tragédie, les douleurs, les pleurs, les désirs, les volontés, les regards, les maux… de ceux dans la cité qui n’ont plus droit de citer. Et eux, ces laissés pour compte mis scène, ne quitteront jamais plus la scène, s’y déployant en cercle, en mol informe sans cesse en reconfiguration, en lisière de plateau, en ligne… Eux, font entendre quelque chose de l’ordre de la parole d’expérience. Leur voix sont reconnaissables pour ce qu’elles racontent de corps épuisés et travaillés par leurs histoires. Leurs gestes n’ont que peu à voir avec le travail de l’acteur mais sont aussi justes que ce qui est réel. Dans le dédale de sensations vives qu’est Phèdre réécrite par Boyer, ils ont l’apparence d’une meute, d’un groupe de partisans, d’un clan, d’un tribunal laïc, d’une légion anonyme. Ils sont vrais et portent à la surface, dans l’air de jeu, des accents de justesse. Leurs voix n’imitent rien, mais rappellent l’état de culture que le théâtre a trop souvent délaissé. Leurs voix ne sont ni écho, ni miroir, ni simulées… Elles sont le nerf de corps déplacés qui montrent un autre théâtre. Et d’eux, de ce chœur, mêlés à eux, s’extirpent des acteurs et des actrices qui sont en tout point identiques et se livrent néanmoins dans un travail différent. Le travail de l’acteur est alors visible.

Commence alors l’épreuve entre Phèdre et Hyppolyte. Entre les Phèdres interprétées par Hiam Abbass, Elisabetta Pozzi et Lilith et les Hyppolytes que sont Jean-Baptiste Sastre, Roberto Zibetti, Ntare Guna Mbaho Mwine et Karim Saleh… Récits chamboulés, fractionnés, atomisés, décomposés, déconstruits, réagencés et donnaient en français, anglais, arabe, hébreu, italien, allemand… Soit une forme polyphonique babelienne où, on s’en doute, chaque voix avec ses rythmes, ses accents, son phrasé… est là pour souligner l’étrangeté de la langue en charge d’une histoire que Boyer réécrit, comme d’autres avant lui (Tsvétaeva entre autres), radicalement et poétiquement.

Voix multiples, se répondant en écho, se reprenant aux mêmes endroits qui livrent un état de Phèdre comme d’Hyppolite dont le nom, dans la répétition et la variation, pourrait concorder à celui d’« obsession ». Quelque chose est là, sur le plateau, qui rode ainsi de manière obsédante. Et au travers d’une robe verte en lamé, d’une romance donnée sur le tempo d’une guitare, d’une lutte de souffles rugueux et amoureux, d’une danse techno, d’un chant a capella, d’un Sastre aux allures de bad boy… Phèdre les oiseaux se regarde moins comme le retour d’un mythe classique et connu, qu’une forme organique soumise aux élans de violences et aux pulsions amoureuses. Ou quand les pensées dites à haute voix, sur l’air du plateau, s’incarnent dans les corps et les gestes du terrassement, du combat, de la joute, de l’étreinte, de l’attente… Moments où les non-acteurs et les acteurs forment des assemblées en ruptur et en continuité, des groupes d’influence et des cas isolées de solitude aux prises avec l’inconcscient privé et la conscience du bien général. Instants où le plateau est un ring et où les chansons et les airs lyriques, de Joe Dassin et l’été indien aux Variations Goldberg de Bach interprétées par Gould s’entendent et fonctionnent comme des Songs brechtiens. De la Phèdre les oiseaux de Sastre et Boyer, on pourrait dire qu’elle n’est d’aucune époque et de tous les lieux puisqu’une histoire d’amour, comme toujours, engage aussi ceux qui la vivent sur les chemins de la morale, ceux du regard social, ceux encore de la concsience qu’aimer est un engagement ou le « Je t’aime et je te désire » est la forme lexicale et grammaticale de l’asservissement volontaire. Moment où le sujet promet à l’autre de n’être que par lui, pour lui, absent à soi-même, et mort pour les autres. Soit, si l’on y réfléchit quelques instants, une folie qui arrête le temps et le suspend aux lèvres d’un tiers. Commentaire naïf que le nôtre quand il faudrait voir, sous un autre jour ou dans une autre lumière, que l’histoire de Phèdre préfigure encore, et finalement, un monde cruel qui se règle sur l’offre et la demande. Ou quand Phèdre, dès lors que le texte n’est plus soumis à cette syntaxe du beau son, de la belle pensée humaniste, de la fiction bien ficelée, du vers aligné et des passions universelles… est encore une variation de ce qui structure le monde libéral. Ou quand l’écriture de Phèdre, la réécriture libre chez Boyer, comme ce théâtre radical qui occupe la marge construit par Sastre, récuse de faire entrer la pratique théâtrale et le désordre poétique dans une logique apparentée à ce que je nomme « capitalisme et dramaturgie ». C’est-à-dire la fin de l’asservissement de la langue théâtrale et du jeu au plaisir attendu, à la préservation du patrimoine, à la reconnaissance d’une tradition, à la validation d’une connaissance prééxistante au moment du théâtre… Moment où le langage et le poème, en définitive, reprennent la main et ne sont plus aliénés à une langue au service du public, mais où le poème et le théâtre ouvre le langage à l’expérience. Ou quand le théâtre, enfin, permet de faire une expérience du langage et rend service au public, plutôt que de rendre compte de l’expérience par le langage.

Sastre, en front de scène, dans un intervalle qu’il forge dont ne sait où, le dira simplement et l’oreille au parterre l’entendra : « Mesdames, Messieurs, chers amis… vous préférez la superstition au désir… qui nous redonnera les ailes des oiseaux et nos couleurs de tigre ? »… Invitation au « grand soir » en guise d’intermède impromptu qui vient ponctuer sa Phèdre après que l’on a entendu les Non-Acteurs rappeler et articuler « Qu’à notre réveil… ». Moins une formule chez eux, que trois mots qui inventorient une réalité, une vie de pénibilité où il n’est de retraite que celle du nomade

Sapere aude… Ou le théâtre

Sapere aude ! ou quand l’injonction latine puis kantienne exige que la tête, guidée par le courage, produise un travail et que l’entendement se mette en mouvement. Il n’est pas anodin que les Lumières aient repris ce mot d’ordre qui invitait à penser, à réfléchir, à appréhender avec d’autres yeux celui que le Grand borgne avait organisé. Et de voir dans l’invitation et le travail de Boyer et Sastre, le retour du « sapere aude » convoqué à l’endroit de Phèdre les oiseaux. Dans l’espace dévasté qu’est la Phèdre de Sastre, dans l’espace vide qui semble avoir été nettoyé au bulldozer, dans ce territoire qui pourrait figurer ce qui reste d’un camp de rom qu’on aura fait valser… Phèdre les oiseaux a abandonné les forêts d’Hyppolite et le palais de Phèdre pour s’installer en un bivouac, en front de scène, devant le rideau noir d’un théâtre. Façon pour Sastre et Boyer de rompre avec une théâtralité attendue, et ainsi de renouveler le lieu de la profération. Un théâtre de la profération, c’est-à-dire de la Voix et non du Verbe. Un théâtre gueuloir, en quelque sorte, où la parole se fait vive et vivante. Comme celle que l’on entend à l’ouverture, quand le timbre grave de Pierre Michon, en voix off, donne à entendre un paysage dévasté, un champ de bataille, un corps à corps.

De quoi parle Phèdre ? Dans la tradition, une énième fiction où une histoire est prise dans les méandres de l’Oïkos (la famille). Et chacun connaît cette histoire où l’adultère, l’inceste, l’amour… sont la toile de fond d’un théâtre éternellement reconduit depuis les grecs à nos jours.

Alors de quoi parle Phèdre les oiseaux ? Boyer s’y sera employé en rompant l’écriture, en la déployant autrement, en donnant au poème d’autres horizons que la seule histoire d’une « relation ». Et Sastre, s’emparant de l’œuvre, lui l’aura déplacée. Phèdre les oiseaux, ce n’est plus l’Oïkos qui est donné à voir et à contempler, à réfléchir et à méditer, mais bien plutôt la Polis (la cité) qui revient au cœur des préoccupations. La polis et ses membres broyés, ses êtres déclassés.

Et ce que porte à vue, immédiatement et tout au long de ce chant oublié, c’est d’abord l’histoire du désir. Et précisément le retour du désir. Phèdre les oiseaux est ainsi la pièce qui dit non à la mort du désir, non à la morale qui l’encadre et le contraint, non au désir soumis. Et ce que l’on perçoit, à mesure que s’étend le drame, c’est que le désir est cette chose qui, quand il s’affranchit de la parole donnée et du lien consacré, est le lieu de tous les désordres géniteurs à leur tour ou de chaos ou d’espoir. L’un, de toutes les manières, n’allant pas sans l’autre. Le retour du désir est ainsi la figure extrème de cette Phèdre les oiseaux. Le retour du désir comme nerf vivant à même de dépasser toutes les frontières : amoureuses, sociales, politiques, etc.

En faisant de Phèdre les oiseaux un chant, voire une ode au retour du désir, Sastre installe donc un climat de refondation où le théâtre de la profération est, toujours, celui de l’appel à l’insurrection. C’est peut-être cela qui était rendu sensible, au long d’un poème qui se sera libéré de la langue pour faire entendre une parole. Ou quand Phèdre les oiseaux, oh putain, vous rend les ailes du désir.


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